La MPdP: méthode

1. Objectifs

Cette ressource a pour objectif de permettre de :

  • s ’approprier l’architecture globale des outils de la MPdP,
  • identifier pour les différents outils présentés leur cohérence avec le concept de la MPdP.

2. Introduction

La MPdP est une méthode de conception dont le point de vue est que « l’utilisation du produit vendu par l’entreprise génère la satisfaction du client» basée sur le concept de la Prévision des prestations. Cette ressource présente les différents outils de la méthode ainsi que leur organisation.

L’architecture globale de la méthode est présentée par la suite, en insistant particulièrement sur trois grandes phases de la réalisation du produit que sont la définition du Produit, la définition du Process et l’Industrialisation. Ce découpage artificiel établi à des fins de présentation ne doit pas faire perdre de vue que le produit et le process sont définis en parallèle dans une démarche d’ingénierie concourante.

Note : l’Analyse Fonctionnelle (démarche de définition du produit) est développée dans une ressource séparée.

3. Rappel : la définition du besoin

Le point de vue est que l’utilisation du produit génère la satisfaction du client utilisateur.

Le client perçoit la modification de grandeurs physiques de son environnement: la modification des grandeurs physiques de l’environnement génère sa satisfaction.

Le besoin exprimé du client est caractérisé par un ensemble de prestations dans le cahier des charges des prestations. Dans le point de vue utilisé, la réalisation de toutes les prestations générera la satisfaction du client. Le cahier des charges des prestations est donc la référence par rapport à laquelle le produit est conçu.

L’outil utilisé pour caractériser le besoin de l’utilisateur est l’outil Analyse du Besoin.

4. La définition du produit

4.1. La démarche d'analyse fonctionnelle

voir la ressource sur l'analyse fonctionnelle

A partir des prestations, l’entreprise caractérise le besoin qu’elle se propose de réaliser, exprimé par des fonctions de service. La modification des matières d’œuvre de l’environnement sera le fruit d’une interaction entre le produit et son environnement. Il s’agit d’imaginer les différentes phases de vie du produit et de proposer un modèle de l’interaction produit/environnement pour toutes ces phases de vie. L’entreprise caractérise ce qu’elle se propose de réaliser par des Fonctions de Service.

A partir du résultat de l’Analyse Fonctionnelle du Besoin (le Cahier des Charges Fonctionnel), une solution est proposée par l’entreprise. La solution est une combinaison de reconduction de l’existant pour les fonctions de service que l’on sait bien réaliser et d’innovations pour toutes les fonctions de service innovantes (Nouvelles FS ou bien Fonctions de Service dont les critères de caractérisation ont changé).

L’analyse Fonctionnelle Technique permet de caractériser la solution proposée par l'entreprise. La solution, modélisée à ce stade par le cahier des charges des conditions de fonctionnement, est remise en situation pour les différentes phases de vie afin d’obtenir les Fonctions de Service réalisées.

4.2. La validation du produit au critère de la satisfaction du client

Le critère de validation de la solution est la « satisfaction du client »

  • les prestations traduisent le besoin exprimé d’un client en un besoin caractérisé,
  • les Fonctions de Service attendues fixent une cible que se propose de réaliser l’entreprise (besoin ciblé). Un écart existe avec le Cahier des Charges des Prestations,
  • les Fonctions de Service réalisées traduisent le besoin réalisé par l’entreprise.

Les défaillances, écart entre les niveaux des critères de caractérisation des Prestations (réalisées et attendues) sont le fruit d’un écart entre les différents modèles. Les prestations réalisées sont égales aux prestations attendues au nominal, il faut donc imaginer à chaque étape les défaillances potentielles, en se posant par exemple les questions :

  • Pourquoi ça marche ?
  • Pourquoi ça ne marcherait pas ?

Les outils de validation « produit » de la MPdP ont pour objectif de traduire cet écart sur les niveaux en un écart de satisfaction du client (en un IPR) en intégrant la probabilité d'apparition de l'écart (P) et la gravité pour le client (G).

Ecart CdC Préstations / CdCF

Pour maîtriser les défaillances potentielles liées au passage du modèle de prestations au modèle de fonctions de service attendues, il faut :

  • 1. Imaginer les défaillances potentielles des Fonctions de Service,
  • 2. Caractériser les défaillances c’est-à-dire qualifier (effet-client) et quantifier (gravité),
  • 3. Quantifier l’occurrence des défaillances (probabilité d’apparition de celles-ci chez le client),
  • 4. Déterminer l’Indice Prévisionnel de Risque (IPR = Gravité x Probabilité) pour chaque défaillance.

C’est l’objet de l’outil Analyse Préliminaire des Risques.

En fonction des IPR obtenus, il faut :

  • 5. Décider du plan d’action (pour diminuer les IPR non acceptables),
  • 6. Agir sur les caractéristiques influentes.

C’est l’objet de la Liste Unique Qualité (liste de tous les evênements Indésirables pour le Client, potentiels et avérés).

Enfin, il s’agit de vérifier les résultats obtenus et de capitaliser l’expérience acquise, ce qui est fait à travers le retour d’expérience.

Ecart CdCF / CdC Conditions de fonctionnement

Le produit est maintenant défini par un ensemble de caractéristiques disponibles à travers la maquette numérique et le cahier des charges des conditions de fonctionnement.

  • 1. Imaginer les non-conformités potentielles des caractéristiques du produit,
  • 2. Caractériser les défaillances potentielles générées par les non-conformités des caractéristiques produit (effet-client et leur gravité),
  • 3. Quantifier l’occurrence des défaillances (probabilité d’apparition de celles-ci chez le client),
  • 4. Déterminer l’Indice Prévisionnel de Risque (IPR = Gravité x Probabilité) pour chaque défaillance,
  • 5. Décider du plan d’action (pour diminuer les IPR non acceptables),
  • 6. Agir sur les caractéristiques influentes

C’est l’objet de l’outil AMDEC

4.3. Bilan sur la définition du produit

La modélisation du client et la modélisation du produit permettent d'imaginer les défaillances potentielles du produit surant toute sa conception en fournissant des grandeurs comparables (chiffrage des prestations attendues et des prestations réalisées).

La traduction des défaillances en gravité pour le client et l'estimation de leur probabilité d'apparition permet de prévoir le risque de ne pas satisfaire le client à travers un chiffre, l'IPR.

Selon la valeur de ce chiffre, l'entreprise peut agir pour atteindre ses objectifs au moindre coût, puisque l'action est réalisée en prévisionnel, avant réalisation des protoypes physiques.

5. Process et industrialisation

Le concept de la MPdP est utilisé également dans la définition des procédés et dans l’industrialisation, avec pour objectif de réaliser des produits conformes aux spécifications (spécifications définies en BE et permettant de sattsfaire le client).

Le raisonnement est le suivant :

  • (1) En conception, les caractéristiques produit sont définies pour garantir la satisfaction du client à travers l'IPR. L'IPR est obtenu comme le produit d'une probabilité d'apparition de la défaillance et d'une gravité de la défaillance pour le client.
    La probabilité d'apparition de la défaillance est le produit de différentes probabilités (probabilité d'apparition de la cause, probabilité que la cause engendre le mode, probabilité que le mode engendre l'effet).

  • (2) La maîtrise du processus et des procédés de fabrication permet de maîtriser la conformité des caractéristiques des produits.
    Le Taux de Non Conformes correspond à la probabilité d'apparition de la cause,

  • (1+2) La maîtrise du Taux de Non Conforme permet donc la maîtrise de la probabilité d'apparition des défaillances.

Durant les phases de définition du process et d'industrialisation, la validation se fait donc au critère du Taux de Non Conformité des caractéristiques, grâce auquel il est possible de remonter à la satisfaction finale du client utilisateur.

Ce qui distingue les deux phases de définition du processus et d’industrialisation sont les contraintes liées aux cadences et aux environnements de production :

  • on commence par définir le processus, procédés, moyens permettant de réaliser les caractéristiques conformes,
  • en industrialisation, on définit les moyens de suivi et de contrôle pour garantir la conformité pour les milliers de caractéristiques de pièces produites à des cadences de l’ordre de 1000 par jour pendant les années que durera la production.

Les outils de la MPdP suivent la même méthodologie et la même métrique que les outils produit avec la différence subtile que c’est cette fois-ci la conformité des caractéristiques qui est maîtrisée (le client final dans cette phase est la pièce et on estime que "la pièce est satisfaite si ses caractéristiques sont conformes").

L’outil principal utilisé est encore une fois l’AMDEC déclinée à différents niveaux :

  • L’AMDEC process permet de valider le processus de fabrication au critère de la conformité des produits (la succession de procédés choisie permet-elle de produire des caractéristiques conformes ?)

L’AMDEC moyen permet de valider le moyen de production au critère de la conformité des produits (le moyen choisi me permet-il de produire des caractéristiques conformes ?)

En industrialisation, des outils tels que l’aptitude et les Plans de Surveillance permettent de garantir le respect d’un Taux de Non-conformité Objectif en rajoutant les ingrédients de cadence de production et de durée de la production.

6. Architecture globale de la méthode

Les différents outils sont organisés afin de réaliser un produit satisfaisant le client.