Etude de cas : alimentation en eau d'une ville
Eoliennes de pompage (liens)
Les aérogénérateurs (liens)
Cellules photo-voltaique (liens)L'eau est une ressource essentielle et il faut pouvoir extraire l'eau quelque soit l'endroit de la planète. L'organe essentiel pour l'extraction de l'eau est la pompe. Selon la source d'énergie disponible (solaire, électrique, éolienne) et selon l'utilisation (zone urbaine, zone rurale) l'architecture de la chaîne d'énergie et le choix des pompes sera différent. Cette ressource a pour objectif de :
La figure 1 montre les différentes solutions qui permettent de disposer de l'énergie hydraulique.
pouvons considérer deux grands domaines d'utilisation de l'eau :
Remarque : l'utilisation d'énergies alternatives (éolienne et photovoltaïque) pour le réseau d'eau potable en France est presque inexistante car la sécurité d'approvisionnement est limitée.
Exemple d'utilisation dans un pays en voie de développement : le proportion de chaque solution d'approvisionnement en eau potable en Mauritanie est :
La pompe est un organe de base d'un système d'extraction d'eau. Elle peut être :
Les pompes centrifuges utilisent les variations de vitesse du fluide pompé pour obtenir un accroissement de pression. L'énergie mécanique d'un moteur est transmise au fluide. La vitesse donnée au fluide va donner de l'énergie cinétique à celui ci. L'énergie cinétique est ensuite transformée en énergie de pression.
Les caractéristiques des pompes centrifuges sont :
Des documentations complètes de pompes immergées sont disponibles sur le site du fabricant
Salmson
Les pompes volumétriques utilisent les variations de volume du fluide pompé pour obtenir un accroissement de pression. Le fluide est d'abord aspiré par l'accroissement d'un volume puis refoulé par diminution de ce même volume. Les pompes volumétriques utilisées le plus couramment sont les pompes à pistons, à palette et à engrenage.
Leurs principaux atouts sont les suivants :
Le choix d’une pompe se fera en fonction des caractéristiques hydrauliques de l’installation envisagée (débit, hauteur manométrique totale, etc.) mais également en fonction des conditions particulières d’utilisation (puits, forage, pompage de rivière, etc.).
voir petite expérience). Au delà de cette hauteur, il faut s'orienter vers une solution de pompe immergée. Cependant, on peut utiliser des pompes centrifuges avec une pression absolue à l'aspiration inférieure à 1 MPa,
La pompe nécessite une énergie mécanique en entrée. Cette énergie mécanique est fournie dans la plupart des cas par un moteur. Les deux types de moteurs disponibles sont les moteurs à courant continu et les moteurs asynchrones. Quelques avantages et inconvénients de chacun sont donnés ci-dessous.
| Moteur à courant continu | Moteur asynchrone | |
| Avantages | Facilité de régulation (variation de vitesse, couple, ...) Rendement de 90% |
Fiabilité, nécessite peu d'entretien rendement de 90% |
| Inconvénients | Coût d'entretien. Le système balai collecteur est à changer | Difficulté et coût de régulation (nécessite la réalisation de commandes vectorielles) |
Le meilleur compromis pour actionner une pompe immergée est le moteur asynchrone.
Les sources d'énergie disponibles sur les sites d'extraction d'eau sont différentes. Ceci induit plusieurs modes de fonctionnement du moteur asynchrone. Il fonctionne sur une source de tension alternative en monophasé, diphasé ou en triphasé. Si la source d'énergie est continue, un onduleur est utilisé pour transformer le signal en alternatif.
Selon le mode fonctionnement, les caractéristiques mécaniques seront différentes. Le graphe ci dessous compare les caractéristiques d’un moteur monophasé et d’un moteur triphasé pour des dimensions (longueur – diamètre) identiques.
Agrégation externe de génie électrique 1999 - Épreuve d'électrotechnique
| Moteur monophasé | Moteur triphasé | |
| Couple de démarrage (N.M) | 0 | 10,33 |
| Courant magnétisant (A) | 1,398 | 0,931 |
| Courant de démarrage (A) | 9,87 | 17,95 |
Le couple de démarrage nul représente le principal inconvénient du moteur monophasé. Pour remédier à cet inconvénient, il est possible de faire fonctionner le moteur en diphasé lors de la phase de démarrage. L’enroulement principal reçoit la tension d’alimentation directement, l’enroulement auxiliaire est connecté au réseau par l’intermédiaire d’un condensateur C. Ce principe de fonctionnement peut être utilisé lorsque l'énergie provient de panneaux solaires qui produisent une tension continue. Un autre domaine d'application de démarrage avec un condensateur est le train. Le TGV fonctionne sur le même principe. Les motrices fonctionnent en diphasé au démarrage avec un condensateur puis en monophasé.
Le rendement d'un moteur asynchrone est de l'ordre de 90%
L’eau dans son usage domestique suit un cycle d’utilisation qui peut se résumer en quatre étapes ("voir ressource sur l'automatisation au cours du cycle de l'eau") :
60% de l'eau potable distribuée en France provient des ressources en eau souterraine. Cette eau est extraite grâce à des motopompes immergées. Le dimensionnement de groupe de pompage dépend du réseau à alimenter. Un exemple d'architecture de réseau est donné ci-dessous. Cette architecture type permet d'aborder de manière qualitative les différents points de conception.
OREFOMLa Figure 4 illustre une partie du schéma d’alimentation en eau d’une ville de près de 50 000 habitants. Plus particulièrement, les équipements permettant le captage de 30 000 m3 par jour et l’adduction d’une partie des ressources de la ville sont représentés.
L’eau est prélevée dans une nappe alluviale à partir de deux champs de forage distincts l’un de l’autre. Chaque champ captant est constitué de plusieurs forages : l’extraction de l’eau est assurée par des pompes immergées (appelées aussi pompes d’exhaure) qui la refoulent vers une bâche de reprise (un réservoir intermédiaire pouvant aussi être nommé bassin tampon).
Une station de pompage se composant d’un total de 3 pompes en parallèle permet alors le relèvement de l’eau depuis le réservoir intermédiaire vers le réservoir de tête.
L’eau ainsi mobilisée est de l’eau brute c’est-à-dire n’ayant subi aucun traitement physico-chimique depuis son prélèvement. Il est donc nécessaire de la traiter : l’eau brute est ainsi envoyée de manière gravitaire vers une Usine de Traitement de l’Eau Potable (UTEP) [à ne pas confondre avec une Station de Traitement et d’Epuration (STEP) qui traite les eaux usées].
L’eau devenue potable est alors stockée dans un autre réservoir qui permet généralement une alimentation gravitaire des différents usagers (population et industries).
Le détail de cet exemple est donné ici.
L'énergie éolienne
Les éoliennes captent l'énergie cinétique du vent. La différence entre l'énergie cinétique en entrée et en sortie de l'éolienne correspond à l'énergie mécanique récupérée. La puissance mécanique disponible dépend de la vitesse du vent, de la densité de l'air (qui change avec l'altitude) et de la surface balayée par les pales de l'éolienne
Cependant, la totalité de l'énergie cinétique disponible ne peut pas être récupérée. En effet, une éolienne dévie le vent avant que celui-ci n'atteigne la zone balayée par les pales. Ainsi, une éolienne pourra récupérer au maximum 59% de l'énergie cinétique du vent (loi de Betz, 1929, explication complète sur le site de l'Association danoise de l'industrie éolienne:
www.windpower.org)
La forme de la puissance mécanique (en kW) disponible en fonction de la vitesse du vent est donnée en figure 6 (la puissance nominale est de 850kW)
Eolienne de pompage et aérogénérateur
L'énergie mécanique récupérée par les éoliennes peut servir à actionner directement la pompe ("éolienne de pompage mécanique") ou à produire de l'énergie électrique nécessaire au fonctionnement d'une moto-pompe (l'éolienne est alors appelée aérogénérateur)
L'éolienne de pompage mécanique est un système très ancien visible dans beaucoup de nos campagnes. Ce système à la technologie éprouvée reste néanmoins très utilisé pour créer des points d'eau dans des endroits isolés (dont le raccordement au réseau est impossible ou trop cher). On retrouve des applications en :
Les éoliennes de pompage sont des éoliennes multipales comparées aux aérogénérateur qui ne comportent généralement que trois pales.
Quelques sites pour aller plus loin sur les éoliennes de pompage.
L'éolienne de pompage est le plus souvent à la verticale du puit. Des pompes volumétriques sont alors utilisées et c'est un système bielle manivelle qui transforme le mouvement de rotation du rotor en mouvement de translation alternatif de la pompe.
Les aérogénérateurs sont utilisés pour produire l'électricité nécessaire au fonctionnement du moteur. L'énergie mécanique créée par le rotor est transmise à une génératrice par l'intermédiaire d'un arbre de transmission et d'un multiplicateur. Cette chaîne d'énergie est contrôlée par un microprocesseur. Afin d'optimiser le rendement, une girouette permet d'orienter la nacelle et un anémomètre permet d'orienter les pales en fonction de la vitesse du vent.
Le rendement d'un aérogénérateur est de 80 à 90% entre la puissance mécanique récupérée et la puissance électrique fournie.
L'énergie électrique créée peut alors être utilisée pour :
Le système est dit autonome lorsqu'il est indépendant du réseau électrique.
Comme pour les éoliennes de pompage, la documentation est très abondante dans la littérature. Vous trouverez ici quelques sites qui vous permettront d'en savoir plus sur la théorie, les fabricants,..
L'architecture d'un système d'extraction de l'eau à partir d'un aérogénérateur est donnée sur la figure 9.
La chaîne énergie est composée :
L'eau relevée peut être stockée dans des réservoirs.
La chaîne d'information est composée :
Exemple rendement aérogénérateur
Le rendement d'une éolienne dépend du rendement des différents composants utilisés. Le cheminement de l'énergie au travers des composants est décrit en rouge. L'exemple ci dessous donne un ordre de grandeur du rendement de chaque composant pour une éolienne de puissance nominale de 300 kW.
Dans l'ensemble { Pales, rotor, organe de transmission de puissance}, le rendement mécanique est de 90%:
Dans la génératrice le rendement nominal est de 96% :
Les valeurs numériques sont issues de l'
Agrégation externe de génie électrique 2001 - Épreuve d'électrotechnique
| FT1 | capter l'énergie éolienne | FT11 | capter la vitesse du vent | |
| FT2 | orienter les pales | FT12 | transmettre l'information au microprocesseur | |
| FT3 | transformer la portance en couple | FT13 | commander l'unité hydraulique | |
| FT4 | s'intégrer au rotor | FT14 | capter la direction du vent | |
| FT5 | s'intégrer à la nacelle | FT15 | transmettre l'information au microprocesseur | |
| FT6 | tranmettre l'énergie mécanique non adaptée | FT16 | commander le système d'orientation | |
| FT7 | s'intégrer à la nacelle | FT17 | s'intégrer à la nacelle | |
| FT8 | tranmettre l'énergie mécanique adaptée | FT18 | permettre la rotation | |
| FT9 | permettre la rotation | FT19 | s'intégrer au mât | |
| FT10 | transmettre l'énergie électrique | FT20 | se fixer au sol |
L'énergie solaire
L'effet photovoltaïque a été découvert en 1839 par Alexandre Edmond Becquerel mais il n'a été exploité que bien plus tard.
Le phénomène mis en œuvre est celui de l'interaction de la lumière avec les atomes de matériaux semi-conducteur comme le silicium. Les photons qui viennent heurter les atomes de silicium induisent un déplacement d'électrons créant ainsi une énergie électrique. Néanmoins, toute l'énergie solaire ne peut pas être transformée en énergie électrique. En laboratoire, il est possible d'atteindre un rendement de 23%. En pratique, le rendement ne dépasse pas les 15%. Le rendement est limité par :
Une cellule photovoltaïque ne peut pas produire une TENSION supérieure à environ 0,5 Volt, quelle que soit sa surface. Pour obtenir des niveaux de tension plus élevés, il faut relier les cellules individuelles EN SERIE pour que leurs valeurs s'additionnent. Le graphe ci-contre montre les caractéristiques courant tension de 33 panneaux solaires en série. La tension maximale disponible d'une cellule est de 22V soit 0.67V par cellule.
Les cercles sur les courbes de la figure 11 indiquent les points de puissance maximale disponible. Ainsi, quelque soit l'ensoleillement, la puissance maximale est pour une tension de 17.5V. Il est donc intéressant de maintenir une tension constante aux bornes des panneaux.
L'énergie produite peut être utilisée ou stockée. Dans le cas d'une application au pompage, l'énergie est utilisée pour relever l'eau dans un réservoir qui sert de stockage d'énergie hydraulique. Le stockage hydraulique est très intéressant car il permet de s'affranchir d'un stockage de l'énergie électrique. En effet, les batteries ont une durée de vie limitée (6 ans à comparer aux 30 ans des panneaux) et sont polluantes.
Architecture du système
L'architecture d'un exemple de système photovoltaïque est donnée figure 13.
La chaîne d'énergie est composée :
L'eau relevée peut être stockée dans des réservoirs.
La chaîne d'information est composée :